Voyage et Goyave

Le guide du voyage accessible, pour (in)valides !

Étiquette : Pascal Paoli

  • Corte – découvrez la capitale culturelle de la Corse

    Corte – découvrez la capitale culturelle de la Corse

    Au cœur des montagnes corses

    Rejoindre Corte depuis la côte nous a semblé assez long. Pourtant, ce n’est pas forcément la distance qui est importante : ce sont surtout les petites routes et le relief qui font que les kilomètres défilent beaucoup moins vite qu’ailleurs. Mais une fois arrivée, je n’ai absolument pas regretté le détour.

    Nichée au cœur des montagnes, Corte possède énormément de charme. La ville est dominée par sa célèbre citadelle, perchée sur son promontoire rocheux, tandis qu’en contrebas se succèdent les petites rues et les maisons anciennes.

    Ce que j’ai surtout aimé ici, c’est me promener sans forcément chercher à suivre un itinéraire précis. Les ruelles, les passages aménagés dans la roche, les petites places et les restaurants installés entre les vieilles façades donnent vraiment envie de prendre son temps.

    Et puis il y a le décor. La vue sur la vallée est somptueuse. Le soleil joue de ses rayons sur les montagnes et nous donnerait presque envie de nous envoler. Pour moi, Corte fait clairement partie des étapes indispensables d’un road trip en Corse.

    💡 Mon conseil : si votre itinéraire vous le permet, consacrez une journée à Corte et passez la nuit dans les environs avant de poursuivre vers la vallée de la Restonica.

    La citadelle de Corte et son nid d’aigle

    Impossible de visiter Corte sans lever les yeux vers sa citadelle.

    Perchée sur son promontoire rocheux, elle domine la ville et participe énormément au charme du paysage. C’est probablement l’image que je retiens le plus de Corte : les maisons accrochées à la montagne et, tout en haut, cette forteresse qui semble surveiller toute la vallée.

    En montant dans les hauteurs de la ville, les ruelles deviennent particulièrement agréables à parcourir. J’ai adoré ces passages entre les vieilles maisons, parfois directement creusés ou aménagés dans la roche.

    Et une fois en hauteur, la récompense est là : la vue sur la vallée est somptueuse. Le soleil joue de ses rayons sur les montagnes et nous donnerait presque envie de nous envoler.

    Pourquoi la citadelle de Corte est-elle si importante ?

    La partie la plus ancienne de la citadelle remonte au XVe siècle. Installée sur un éperon rocheux dominant les vallées du Tavignano et de la Restonica, elle est notamment connue pour son impressionnant « nid d’aigle », construit au sommet du rocher.

    Mais Corte occupe surtout une place particulière dans l’histoire de la Corse. Au XVIIIe siècle, Pascal Paoli en fait la capitale de la Corse indépendante et y installe notamment les institutions du jeune État corse.

    La citadelle est ensuite agrandie et transformée après le rattachement de la Corse à la France. Elle abrite aujourd’hui notamment le Musée de la Corse.

    Corte, capitale de la Corse de Pascal Paoli

    Derrière ses jolies ruelles, Corte possède donc une histoire assez incroyable.

    Entre 1755 et 1769, pendant la période où la Corse connaît une expérience d’indépendance sous l’impulsion de Pascal Paoli, Corte devient le centre politique de l’île.

    C’est également ici qu’est fondée en 1765 une université, symbole de cette volonté de construire un véritable État corse. Fermée après la conquête française, elle renaîtra bien plus tard : l’Université de Corse Pascal-Paoli est de nouveau installée à Corte depuis 1981.

    Connaître cette histoire permet de regarder la ville un peu différemment. Corte n’est pas seulement un joli village perché au milieu des montagnes : elle occupe une place centrale dans l’identité et l’histoire corses.

    Se perdre dans les ruelles de Corte

    Après la citadelle, prenez simplement le temps de vous perdre dans les ruelles de Corte.

    C’est probablement ce que j’ai préféré dans la ville. On passe entre les vieilles façades, les escaliers, les petites places et ces passages parfois aménagés directement dans la roche. J’ai beaucoup aimé cette atmosphère un peu hors du temps. Quelques restaurants se cachent au détour des ruelles et donnent envie de s’arrêter simplement pour profiter de l’ambiance.

    Et puis Corte réserve régulièrement de très beaux points de vue sur les montagnes qui entourent la ville. On comprend vite pourquoi j’ai autant aimé cette étape.

    Le Musée de la Corse… enfin presque !

    Installé au cœur de la citadelle, le Musée de la Corse faisait évidemment partie des visites que j’avais envie de faire. Sauf que lors de notre passage… il était fermé. Immense désarroi. Je ne vais donc pas vous raconter une visite que je n’ai pas faite. Le musée est consacré à la Corse, à sa culture et à son évolution, mais vous vous devrez vous faire votre propre avis.

    💡 Mon conseil : si vous souhaitez le visiter, pensez à vérifier les jours et horaires d’ouverture avant votre passage. Vous éviterez peut-être de vous retrouver comme moi devant une porte fermée !

    ♿ Accessibilité et handicap à Corte

    Corte n’est pas la ville la plus simple à découvrir en fauteuil roulant.

    Le relief constitue déjà une première difficulté : la ville grimpe et certaines rues présentent des pentes assez importantes. À cela s’ajoutent les ruelles anciennes et pavées, qui peuvent rapidement devenir inconfortables ou difficiles à parcourir en fauteuil.

    Un petit train touristique permet de rejoindre les hauteurs de Corte et pourrait, sur le papier, constituer une bonne alternative. Malheureusement, lors de notre visite, il fallait monter des marches pour y accéder et l’intérieur était assez étroit. Ce n’était donc pas une solution adaptée en fauteuil.

    Selon votre mobilité, il faudra donc probablement adapter la visite. De mon côté, lorsque cela m’était possible, j’ai préféré effectuer certains passages à pied.

    Il existe néanmoins une très bonne nouvelle : le Musée de la Corse est accessible aux personnes en situation de handicap. L’établissement est aménagé pour permettre notamment l’accès aux personnes à mobilité réduite.

    Ironie de l’histoire : c’était donc probablement l’une des visites les plus faciles à faire pour moi à Corte… et le musée était fermé lorsque nous y sommes allés.

    💡 Mon conseil : si vous avez une mobilité réduite, préparez un peu votre visite en amont et profitez au maximum des places de stationnement adaptées pour limiter les distances et les dénivelés. Et si le Musée de la Corse vous intéresse, vérifiez ses horaires avant de partir.

    La vallée de la Restonica, aux portes de Corte

    Corte constitue également un excellent point de départ pour découvrir la vallée de la Restonica, que nous avons explorée lors d’une randonnée.

    Le décor est magnifique, mais la randonnée que nous avions choisie s’est révélée beaucoup plus difficile que prévu pour moi. Si la première partie restait relativement abordable, la seconde nécessitait notamment de progresser entre les rochers pour rejoindre les lacs.

    Avec mon handicap, j’ai vraiment eu beaucoup de mal sur cette partie.

    Si vous souhaitez découvrir la vallée, je vous raconte notre randonnée, les paysages rencontrés et surtout les difficultés que j’ai rencontrées avec mon handicap dans mon article consacré à la Restonica.

    Mon avis perso

    Corte fait clairement partie de mes coups de cœur en Corse.

    J’ai adoré son emplacement au milieu des montagnes, sa citadelle perchée au-dessus de la ville et surtout l’atmosphère de ses petites ruelles. C’est une ville qui donne envie de prendre son temps plutôt que d’enchaîner les monuments.

    Son relief et ses pavés ne facilitent malheureusement pas toujours la visite lorsque l’on se déplace en fauteuil roulant. Mais selon votre mobilité, il reste possible d’adapter son parcours et de profiter d’une bonne partie de la ville.

    Et malgré mon immense traumatisme provoqué par la fermeture du Musée de la Corse , je retournerais à Corte avec beaucoup de plaisir.

    Pour moi, c’est vraiment une étape à ne pas manquer lors d’un road trip sur l’île.

  • Nonza, dans le Cap Corse : Village perché et Tour Paoline

    Nonza, dans le Cap Corse : Village perché et Tour Paoline

    Lors de notre premier voyage en Corse, nous avions choisi de parcourir l’île en camion aménagé. C’était une formidable façon de découvrir la Corse, car cela nous permettait de nous arrêter assez librement au fil de la route. C’est ainsi que nous sommes arrivés à Nonza, sur la côte ouest du Cap Corse. Le village n’est pas très grand, mais sa situation est assez spectaculaire : accroché à la montagne, dominant la mer et cette immense plage sombre qui s’étend en contrebas.

    Et surtout, tout en haut du village se trouve la Tour Paoline. Évidemment, nous sommes montés.

    Découvrir le village de Nonza

    En arrivant avec notre camion aménagé, nous avons pu nous garer sans difficulté sur une place réservée aux personnes en situation de handicap, non loin de l’église Sainte-Julie.

    Nous sommes ensuite partis tranquillement découvrir le village.

    Nonza est assez petit et la visite ne demande pas forcément beaucoup de temps. Quelques rues, des maisons accrochées au relief et, presque partout, la présence de la mer en contrebas.

    Mais en levant les yeux, difficile de manquer la tour qui domine le village.

    La Tour Paoline et l’histoire de Nonza

    La Tour Paoline est l’un des monuments emblématiques de Nonza.

    Construite en 1760 sur ordre de Pascal Paoli, elle se trouve sur les ruines d’un ancien château. Elle faisait aussi partie du système de défense et de surveillance du littoral. Contrairement à l’image que l’on peut avoir des traditionnelles tours génoises corses, souvent rondes, celle de Nonza présente une forme carrée.

    Nous avons pu entrer dans la tour et découvrir plusieurs panneaux expliquant notamment son histoire et celle de Pascal Paoli. J’aime beaucoup ce genre de visite : le monument n’est pas immense. Néanmoins, les explications permettent de comprendre ce que l’on regarde et donnent immédiatement davantage de sens au lieu.

    Et puis il suffit de regarder autour de soi pour comprendre l’intérêt de cette position. La vue est superbe.

    Une plage marquée par l’ancienne mine d’amiante de Canari

    Depuis les hauteurs, le regard plonge directement sur l’immense plage sombre de Nonza. Impossible de la manquer.

    La couleur si particulière de la plage de Nonza n’est pas uniquement une curiosité naturelle. Pendant plusieurs décennies, une importante mine d’amiante a été exploitée à Canari, quelques kilomètres plus au nord. Les résidus issus de cette activité industrielle ont été rejetés sur le littoral. Ensuite, les courants marins ont progressivement transporté une partie de ces matériaux jusqu’à Nonza. Cela a contribué à former cette immense plage gris sombre que l’on observe aujourd’hui.

    Cette histoire a évidemment laissé un héritage environnemental. L’ancienne carrière de Canari reste recensée par Géorisques parmi les sites pollués ou potentiellement pollués. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une mémoire et d’un suivi par les pouvoirs publics. Cela ne signifie pas pour autant que la plage de Nonza doit être considérée comme dangereuse pour les visiteurs. En effet, la présence historique d’une pollution ou l’inscription d’un ancien site industriel dans ces bases ne permet pas, à elle seule, de conclure à un risque sanitaire pour un usage donné.

    Lors de notre visite, nous ne sommes de toute façon pas descendus sur la plage. Nous l’avons seulement observée depuis les hauteurs de Nonza, où son immensité et sa couleur offrent un paysage assez saisissant.

    La plage du Serpentard, en quelque sorte, ahah. Bon, d’accord. Ce n’est absolument pas son nom officiel.

    La Tour Paoline à Nonza
    La Tour Paoline à Nonza

    ♿ Accessibilité et handicap à Nonza

    Lors de notre visite, nous sommes arrivés à Nonza avec notre camion aménagé et avons pu nous garer sans difficulté sur une place réservée aux personnes en situation de handicap, non loin de l’église.

    Le village est assez petit et rien ne m’a semblé particulièrement problématique pour le découvrir.

    En revanche, l’accès à la Tour Paoline est une autre histoire. En voyant que le chemin montait, j’ai préféré laisser mon fauteuil et prendre ma béquille. La montée est assez raide et comporte de nombreuses marches.

    Je l’ai faite doucement, à mon rythme, et j’ai pu atteindre la tour puis entrer à l’intérieur. Cette partie de la visite ne me paraît cependant pas adaptée à une personne restant en fauteuil roulant.

    💡 Mon conseil : si vous pouvez marcher sur une courte distance avec une aide, la montée peut être envisageable en prenant votre temps, selon vos capacités. En revanche, si les escaliers ou les fortes pentes vous posent de grosses difficultés, mieux vaut profiter du village et des paysages sans prévoir l’accès à la tour.

    Mon avis perso

    Nonza est une très jolie étape lors d’un road trip dans le Cap Corse.

    Le village se découvre assez rapidement. Pour moi, c’est surtout la montée jusqu’à la Tour Paoline qui a donné tout son intérêt à notre arrêt. J’ai aimé découvrir son histoire grâce aux panneaux installés autour de la tour. Surtout, j’ai profité de cette vue magnifique sur la mer et l’immense plage sombre en contrebas. Avec mon handicap, la montée m’a demandé un peu plus de temps et quelques efforts. Cependant, je suis contente de l’avoir faite.

    Nonza n’est peut-être pas un endroit où je prévoirais une journée entière. Toutefois, pour quelques heures sur la route du Cap Corse, je trouve que l’arrêt vaut vraiment le détour.

    Et rien que pour pouvoir dire que nous avons contemplé la plage du Serpentard depuis une tour construite par Pascal Paoli, le déplacement était évidemment indispensable.

    Vous préparez un road trip en Corse ? Nonza n’était qu’une étape de notre voyage sur l’île. Retrouvez également notre itinéraire, nos autres découvertes et mes conseils pour voyager en Corse avec un handicap dans mon guide consacré à la Corse.