Informations pratiques : cliquez
Le Gard et plus précisément Mialet est le berceau des protestants et le point de départ des fameuses guerres de religion : les catholiques contre les protestants. C’est donc tout à fait légitimement que s’est implanté dans ce petit village, le Musée du Désert qui retrace cette période de l’ Histoire.
L’ appellation « désert » vient de la période de la révocation de l’ Edit de Nantes, en 1685, à la Révolution Française en 1789. Cette appellation a aussi un sens biblique et fait référence aux 40 années que les Hébreux ont passé dans le désert, attendant de trouver la Terre Promise.
Retour en arrière :
Le 30 avril 1598 Henri IV roi de France et de Navarre, las des Guerres de Religion, promulgue l’ Edit de Nantes, au nom de la tolérance du culte protestante qui pourra désormais obtenir des droits de culte, civils et politiques, dans certaines parties du royaume.

Les années passent et Louis XIV décide que tout cela a assez duré et sous couvert d’unifier son royaume, révoque l’ Edit de Nantes, le 17 octobre 1685, lors de l’ Edit de Fontainebleau – donc 87 ans après.
C’est le point de départ du Musée du Désert., et des persécutions de tous ceux qui ne voudront pas abjurer le protestantisme .

A partir de là, tous les moyens sont bons pour soumettre et obliger les âmes perdues à entrer dans le droit du chemin du catholicisme. Les persécutions et tortures, les emprisonnements et peine de mort, les pillages et violence ont fait foi pendant toute ces périodes.
Un poignard de convertisseur : celui qui l’embrassait abandonnait la religion protestante.

Les protestants (mot qui vient du fait que certains princes allemands « protestèrent » lorsque l’ empereur Charles Quint souhaita revenir sur le principe du libre choix de la religion) qui refusent de renier leur religion sont soit tués ou emmenés pour ramer dans les galères royales pour les hommes et emprisonnées à vie pour les femmes.
La plus célèbre d’entre elles étant Marie Durand, qui restera enfermée 38 ans dans la Tour Constance à Aigues-Mortes; elle refuse d’abjurer et encourage ses compagnes d’infortune à faire de même. Libérée en le 14 avril 1768, elle mourra 8 ans plus tard dans sa maison natale, et aura donc passé la majorité de sa vie dans le froid, la pauvreté et la promiscuité de sa cellule, mais en n’ ayant pas renié sa foi.
Il faut savoir que les parents qui ne voulaient pas se soumettre, se voyaient retirer leurs enfants, afin qu’ils soient placés dans de bonnes institutions qui leur enseignera le catholicisme et bien sûr à leurs frais. Il était peut-être plus judicieux de faire semblant d’ adhérer et d’ éduquer son enfant en cachette, mais toujours dans le culte protestant.
Des mariages et baptêmes secrets étaient organisés – ceux-ci n’ayant bien-sûr aucune légitimité puisque non inscrit sur les registres officiels.
Au plafond, une rame de galère longue de plusieurs mètres et maintenue par cinq hommes. Elle est installée dans une chapelle attenante à la maison qui permet d’ évoquer les nombreux morts à cause de ces guerre de religion.

En 1702, la guerre des Camisards éclate, conséquence directe de la révocation de l’Edit de Nantes dont je parlais plus haut. C’est la mort de l’ Abbé du Chayla qui sera le point de départ de celle-ci. Persécuteur en chef, dévoué quant à l’éradication des traîtres à la royauté, c’est lors d’une insurrection afin de délivrer des prisonniers dans une de ses geôles qu’il sera tué.
La première troupe des Camisards était née. Le mot camisard vient de « camiso » qui veut dire chemise en Occitan, seul vêtement que portaient les paysans et les révoltés.
Rolland dont nous sommes les hôtes en ce jour -vu que c’est dans sa maison que se tient le musée- s’est vite imposé comme chef de cette révolte armée.

Des assemblées secrétes sont mises en plus, des traductions et éditions de La Bibles sont faites, sous de nombreux formats, parfois très petits, afin de pouvoir les cacher en cas de besoin; le tout étant de ne pas se faire prendre.
Exemple de silos à grains pouvant se transformer en chaires pour les réunions.

La visite est longue, si on prend le temps de tout lire, il faut plus d’une heure, mais passionnante. Elle permet d’en savoir plus sur cette période sombre de l’ Histoire, qui n’est pas des plus connues et vantées.

Informations :
Adresse : Musée du désert 30140 Mialet ; c’est bien indiqué
Se garer : parking en contrebas
Accessible en bus, via la ligne 185 – terminus St-Jean-Du-Gard.
Prix d’entrée en 2025 : Plein tarif : 7.00€
Tarifs réduits :
Senior (+ de 65 ans) : 6.00€
Jeune (de 10 à 18 ans), étudiant (- de 24 ans), personne en situation de handicap, demandeur d’emploi : 5.00€
Enfant (accompagné) – 10 ans : gratuit
Billet Famille (2 adultes et 2 jeunes) : 18.00€
Groupes à partir de 20 personnes :
Adultes : 5.00€/personne + 1 gratuité pour l’accompagnateur
Jeunes et scolaires + de 6 ans : 4.00€/personne + 1 gratuité pour 10
Règlement à l’arrivée sur place en espèces, en chèques ou par (…)
Horaires en 2025 : Le Musée est ouvert tous les jours du 1er mars au 30 novembre, 7 jours sur 7, dimanches et jours fériés compris : de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00.
Du 15 juin au 15 septembre : ouverture continue de 9h30 à 18h30.
Du 1er décembre au 28 février : le Musée et sa boutique sont ouverts uniquement sur réservation en nous laissant un message téléphonique (04 66 85 02 72) ou par courriel (musee@museedudesert.com).
Handicap et santé : le musée est accessible, pour la plupart des salles, même si certaines vitrines sont disposées de telle sorte, qu’il me parait difficile de les observer en étant assis, mais beaucoup d’autres choses valent le détour. Le tarif est réduit pour les pmr, mais pas gratuit.
Aller plus loin : Anduze…le célèbre village, point de départ du « petit train des Cévennes » https://www.trainavapeur.com/ ; la bambouseraie, jolie promenade bucolique parmi les différentes essences de bambous et autres plantes : https://bambouseraie.fr/

Je ne mords pas, laissez un commentaire!