Voyage et Goyave

Le guide du voyage accessible, pour (in)valides !

Un voyage accessible, ce n’est pas seulement un endroit où l’on peut aller. C’est un endroit où l’on peut pleinement profiter d’être.

Étiquette : exposition

  • Camp des Milles : Histoire d’un mémorial

    Camp des Milles : Histoire d’un mémorial

    Infos Pratiques

    Le Camp des Milles est un camp d’internement et de déportation situé juste à côté d’Aix-en-Provence. Ancien bâtiment industriel, c’est au début de la Seconde Guerre Mondiale qu’il a été détourné de sa fonction première et que Edouard Daladier a décidé d’y enfermer les ressortissants du Reich. Ces derniers fuyaient le fascisme ambiant en Allemagne et se sont malheureusement retrouvés coincés dans cette ancienne tuilerie, désormais sous commandement militaire. De 1939 à 1940 le camp a servi de prison pour les ennemis dits de l’Etat. 

    De 1940 à 1942, le régime de Vichy prend sa place, suite à la signature de l’armistice entérinant la défaite française. A partir de ce moment, ce site devient surpeuplé, jusqu’à 3500 internés en même temps entre ses murs. A cette période là, les occupants des lieux sont soit des Juifs expulsés, ou des personnes en attente d’ émigration vers les Outre-Mer; des indésirables donc. 

    Jusque là, cet endroit n’était considéré que comme centre d’internement, en attendant une possible liberté. A partir de Août et jusqu’en Septembre 1942, 2 000 Juifs et Tziganes sont enfermés pour être ensuite déportés vers le camps d’ Auschwitz en passant par Drancy. L’ Histoire du camp prend une autre dimension. 

    Les conditions de vie sont très précaires : la faim, le froid et les maladies sont le lot de tous. Les grandes pièces sont aménagées en dortoir, et les prisonniers sont entassés tel du bétail. 

    Pyjama ayant appartenu à un détenu au Camp des milles
    Pyjama ayant réellement appartenu à un détenu
    Dortoir du Camp des Milles à Aix-en-Provence
    Les dortoirs ouverts à tous les vents. 

    D’ août à Septembre 1942, Vichy accepte d’envoyer 10 000 Juifs vers les camps allemands. Pierre Laval – homme politique français agissant sous le régime de Vichy, et fusillé en 1945 pour haute trahison envers la Nation – propose de faire partir aussi les enfants à partir de 1 an; alors que jusqu’à présent, seules les personnes de plus de 16 ans, étaient enfermées puis déportées.

    Le train des Milles; qui a servi au transport de plus de cent enfants et adolescents en été 1942; dont le plus jeune avait seulement un an. 

    Ces murs que nous visitons, ont failli tomber dans l’oubli. Après sa fermeture seuls quelques acteurs de l’époque ont tenu à faire savoir ce qu’il a pu se passer. Le pasteur Henri Manen, reconnu Juste parmi les Nations pour ses actions lors de la guerre, a dévoilé ses carnets d’écrits faits sur le vif lors des divers évènements passés au camp. 

    Depuis 1942 et jusqu’à 2012, jour de l’ouverture du Camp des Milles tels qu’on le visite aujourd’hui; de nombreuses personnes se sont battues pour ce qu’on appelle le devoir de mémoire; les diverses parties ont été classées Monument Historique. 

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    Hormis les baraquements et les structures bien conservées qui permettent de se faire une idée de ce qu’à pu être la vie à l’intérieur du camp; on apprend que les artistes emprisonnés sur les lieux ne se sont pas gênés pour laisser exprimer leurs arts, sur les murs de leurs prisons.

    Le clou de la visite

    Plutôt centrée autour des intérêts de notre jeunesse montante, et donc avec des équipements modernes, une enrichissante exposition autour des agissements et autres barbaries qui ont pu amener à tous les génocides que la Terre a connu nous promène d’affichettes en petits films; en passant par des citations et des documents audios mis à disposition. 

    Affiche de propagande contre la Résistance française au Camp des Milles

    Le bourrage de crâne qu’ont connu les gens de l’époque est bien abordé aussi; histoire d’ expliquer que beaucoup ne savaient pas, et se contentaient d’écouter ce qui se disait dans les journaux. 

    En vrai, pour trois travailleurs volontaires français envoyés en Allemagne, c’était un prisonnier qui était libéré. « La Relève » comme on a nommé ces ouvriers, se voyait promettre des salaires plus élevés et des ravitaillements plus nombreux. 

    Ceci ne suffisant pas, dès le 4 Septembre 1942, une loi impose la réquisition de main-d’oeuvre aux entreprises. Puis,, le 16 février 1942,le fameux STO (service du travail obligatoire) est mis en place pour tous les jeunes nés entre 1920 et 1922; 

    Affiche de propagande au Camp des Milles,

    Evidemment, impossible de parler de génocide ( non seulement celui de la SHOAH mais aussi celui du Rwanda, les Tutsi ont été massacré par les Hutus en 1994; mais aussi celui des Turcs envers les Arméniens en 1915 et 1916 et j’en passe) sans aborder le sujet du racisme, de la xénophobie et de la peur de celui qui est différent. 

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    Autour de cela, le point est accentué sur le fait que seul on ne peut rien, mais qu’à plusieurs ont peut agir; que ne rien dire, ne rien voir n’est pas la solution. La réflexion est amené autour de ce que nous, nous aurions fait si l’on avait vécu en 1939; et ce que nous pourrions faire aujourd’hui face à tout ce qu’on peut voir d’intolérable autour de nous.

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     Sans s’engouffrer dans la porte de la culpabilisation, l’accent est mis sur plein de choses; les images que l’ont voit, les textes que l’on lit, les vidéos que l’on écoute, nous amènent toutes vers la piste de réflexion que nous voulons -ou pouvons- choisir. 

    L’expo est très très bien faite; intéressante au plus haut point; je vous conseille de prévoir environ une heure pour tout lire.

     On ne peut sortir de là, sans se poser la question…Et nous, qu’aurions nous fait? Et nous, que ferions nous? Et nous, que faisons nous?

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    Infos pratiques :

    Adresse : 40 chemin de la Badesse – 13290 Aix-en-Provence

    Se garer : Un grand parking est à disposition

    Horaires en 2025 : Tous les jours de 10h00 à 19h00

    Prix d’ entrée en 2025 : incluant l’ exposition temporaire

    Tarifs

    Plein : 14€  –  Tarif réduit : 11€  –  Pass famille : 40€

    • Exposition temporaire : « Mémoire et fraternité. Joann Sfar – La vie dessinée »
      Tarif plein : 10€  –  Tarif réduit : 7€  –  Pass famille : 20€
    • Visites guidées (en complément du billet d’entrée)
      Parcours muséographique : 6€  –  Exposition temporaire : 2€
    • Pass famille complet (inclut l’entrée et les visites guidées) : 56€
    • Gratuités : enfants de -9 ans, bénéficiaires du RSA, anciens combattants, enseignants préparant une visite au Site mémorial, titulaires d’une carte de presse.

    Handicap et santé :

    11 euros par personne à mobilité réduite. Le lieu est assez accessible, avec rampes et barres de maintien.

    Aller plus loin :

    Le zoo de la Barben est très agréable à faire, avec multiples animaux; un petit train vous emmènera sur les hauteurs. Aix-en-Provence avec le centre d’art qui se tient à l’Hôtel de Caumont.

  • Visiter l’Écomusée de Martinique : notre expérience

    Visiter l’Écomusée de Martinique : notre expérience

    L’Écomusée de Martinique : un musée resté dans son jus

    Lorsqu’on pense à la Martinique, on imagine facilement ses plages, ses cocotiers et ses eaux turquoise. Mais découvrir une île, c’est aussi prendre le temps de comprendre son histoire. Pour cela, une visite à l’écomusée permet de mieux apprécier la richesse culturelle de la Martinique.

    Installé dans une ancienne distillerie à proximité immédiate de la plage de l’Anse Figuier, l’Écomusée de Martinique, labellisé Musée de France, retrace l’histoire de l’île et de ses habitants.

    Je préfère vous prévenir : ce n’est pas le musée le plus moderne que nous ayons visité. Il est même franchement resté un peu « dans son jus ». Mais il est propre, complet, bien illustré et surtout très instructif.

    Pour un prix d’entrée que nous avons trouvé peu élevé et une visite d’environ une heure, je trouve qu’il serait dommage de passer à côté, surtout si vous avez prévu de profiter de la plage de l’Anse Figuier juste à côté.

    Envie de poursuivre la journée les pieds dans l’eau ? Retrouvez également les plages de Martinique que nous avons découvertes au fil de nos séjours.

    Joseph Zobel et La Rue Cases-Nègres

    Une partie du musée m’a particulièrement intéressée : celle consacrée à Joseph Zobel, écrivain martiniquais et auteur de La Rue Cases-Nègres.

    Nous en parlions justement à propos de l’Habitation Clément : son œuvre raconte notamment la vie extrêmement difficile des travailleurs noirs dans les plantations de canne à sucre en Martinique.

    L’exposition de l’Écomusée m’a permis d’en apprendre beaucoup plus sur l’homme derrière le livre, sa vie et son parcours.

    Et j’y ai même fait une découverte assez improbable : après avoir quitté la Martinique, Joseph Zobel a vécu les dernières années de sa vie dans le sud de la France. J’ai découvert qu’il avait vécu et était décédé à seulement une quinzaine de minutes de l’endroit où je vis aujourd’hui !

    Native de la Martinique, découvrir à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi que l’un de ses écrivains les plus célèbres avait terminé sa vie quasiment à côté de chez moi avait quelque chose d’assez inattendu.

    Une petite exposition temporaire à l’ écomusée

    Lors de notre passage, un petit bâtiment accueillait également une exposition temporaire. Elle complétait la visite principale et montre que, malgré son aspect un peu daté, l’Écomusée continue aussi à proposer des contenus ponctuels à ses visiteurs.

    ♿ L’accessibilité de l’Écomusée de Martinique

    Côté accessibilité, l’Écomusée de Martinique est particulièrement bien pensé pour les personnes à mobilité réduite.

    Des places de stationnement PMR sont disponibles sur le parking et le musée dispose également de toilettes adaptées.

    À l’intérieur, les allées sont suffisamment larges pour circuler facilement en fauteuil roulant. Le musée comporte un étage, mais celui-ci est desservi par un ascenseur, ce qui permet de poursuivre la visite sans difficulté particulière.

    Lors de notre visite, j’ai vraiment eu le sentiment que l’accessibilité avait été intégrée à la conception du parcours, plutôt que simplement ajoutée après coup. Je n’ai rencontré aucun obstacle particulier pour découvrir l’ensemble du musée.

    💡 Mon conseil : puisque l’Écomusée partage son parking avec la plage de l’Anse Figuier, il est très facile de combiner les deux visites. Attention toutefois : l’accessibilité du musée ne signifie pas nécessairement que celle de la plage soit équivalente. Nous en reparlerons dans mon article consacré aux plages de Martinique.

    Informations pratiques

    📍 Où se trouve l’Écomusée ?
    L’Écomusée de Martinique se trouve à l’Anse Figuier, 97211 Rivière-Pilote, juste à côté de la plage. Il est d’ailleurs installé dans une ancienne distillerie.

    ⏱️ Combien de temps prévoir ?
    Nous avons consacré environ une heure à la visite et cela nous a semblé suffisant pour découvrir tranquillement les différentes salles.

    💶 Quel tarif ?
    L’entrée reste très abordable. Le tarif actuellement annoncé est de 4 € par adulte et 1 € par enfant. Les tarifs pouvant évoluer, pensez à les vérifier avant votre visite.

    🕐 Quels horaires ?
    Les horaires variant selon les jours et certaines sources n’étant pas parfaitement concordantes, je vous conseille de les vérifier avant votre venue, particulièrement si vous prévoyez la visite un dimanche ou un jour férié.

    🚗 Où se garer ?
    L’Écomusée se trouve au niveau de l’Anse Figuier : il est donc très facile d’enchaîner la visite avec quelques heures sur la plage.

    ♿ Et pour l’accessibilité ?
    Lors de notre visite, nous avons trouvé le musée très bien adapté aux personnes à mobilité réduite : places de stationnement PMR, toilettes adaptées, larges circulations et ascenseur permettant d’accéder à l’étage.

    ❤️ Mon avis perso

    Je conseillerais vraiment la visite de l’Écomusée de Martinique à tout le monde.

    Certes, le musée aurait besoin d’un petit coup de jeune. Sa présentation est parfois vieillotte et certaines salles sont clairement restées « dans leur jus ». Si vous cherchez des écrans tactiles et une scénographie spectaculaire, ce n’est probablement pas ici que vous les trouverez.

    Mais finalement, la forme a vieilli, le fond beaucoup moins.

    Pour un prix d’entrée que nous avons trouvé très raisonnable, nous avons découvert un musée complet, propre, bien illustré et surtout très instructif. En une heure, il permet de mieux comprendre les premiers habitants de la Martinique, l’esclavage, son abolition, les conditions de vie qui ont suivi et une partie de l’histoire culturelle de l’île.

    J’ai particulièrement apprécié l’espace consacré à Joseph Zobel, qui m’a permis de découvrir davantage l’homme derrière La Rue Cases-Nègres — avec cette improbable découverte personnelle qu’il avait terminé sa vie à quelques kilomètres seulement de l’endroit où je vis aujourd’hui.

    Et surtout, c’est l’histoire de la Martinique. Lorsqu’on vient découvrir une île, je trouve important de ne pas seulement profiter de ses plages et de ses paysages, mais aussi de prendre un peu de temps pour comprendre son histoire et ceux qui l’ont façonnée.

    Alors oui, l’Écomusée mériterait probablement une petite cure de jouvence. Mais pour moi, il mérite largement cette petite heure de votre séjour.

    Vous préparez votre séjour ? Retrouvez mes conseils, mes visites et toutes nos découvertes dans mon guide consacré à la Martinique.